Stambeli,

l’héritage des Noirs de Tunisie

Featuring Salah el-Ouergli

Par les chemins productions, 2011 {PLC101}


Cd-livre

Livret couleur 48 pages

Texte français/anglais

7 pistes/durée totale 45’53”

Le disque

Présentation

Salah el-Ouergli, dernier maître du stambeli

  1. Puce Sarkin Koufa [04:59]

  2. Puce Debdabou [04:57]

  3. Puce Tabla [05:59]

  4. Puce Les Saints [11:31]

  5. Puce Bousaadeya [07:04]

  6. Puce Bahriyya [07:11]

  7. Puce Gambara [05:32]


Salah el-Ouergli :

gumbri, gambara, ṭabla, chant

Belhassen Mihoub :

shqasheq, bendir, choeur

Nouredine Soudani :

shqasheq, gaṣaa, choeur

Lotfi el-Hamemi :

shqasheq, kurkutu, choeur


Production :

Matthieu Hagene

Coordination artistique :

Soumaya Hagene

Texte du livret :

Richard C. Jankowsky

Play list

Extraits

Le stambeli de Tunisie, ce rituel musico-thérapeutique (proche du diwan algérien ou de la derdeba des Gnawas du Maroc) est sur le point de sombrer dans l’oubli.

Souvent tenu à l’écart de la vie sociale tunisienne, parfois méprisé ou même persécuté, le stambeli tunisien a gardé une profondeur et une authenticité qui en font aujourd’hui encore l’une des musiques les plus fascinantes de Tunisie.

Après le décès du yenna (maître) Abdel Majid Mihoub en septembre 2008, son seul et unique disciple, Salah el-Ouergli, est désormais le dépositaire des secrets du stambeli de Dar Barnou.

Avec la disparition programmée du stambeli, c’est tout un pan de la culture de la communauté noire de Tunisie qui disparaîtra. Le disque présente un échantillon inédit d’un vaste répertoire composé de chants de louanges aux saints «blancs» de l’islam maghrébin et d’évocations en langues haoussa ou kanouri des esprits noirs originaires d'Afrique subsaharienne. Au son du gumbri, ce luth à trois cordes aux basses puissantes, ou de la tabla, un large tambour biface, accompagné des chqacheqs, les crotales en fer, le yenna fait descendre les esprits parmi l’assemblée et les fait danser...

En cachette de son maître, qui jalouse son protégé, il fréquente également d’autres maîtres du stambeli qui lui confient de temps en temps le gumbri, à la fois amusés et étonnés des capacités du jeune garçon. Plutôt que d’aller courir derrière un ballon comme les enfants de son âge, il préfère rester écouter des jours et des nuits durant les histoires que racontent les aînés, musiciens ou simples adeptes, emmagasinant ainsi un savoir inestimable. Peu à peu, Salah prend sa place au sein de la communauté et se voit baptisé du titre prestigieux de yenna (maître) par ses aînés. Après la disparition de Abdel Majid Mihoub, et bien qu’il subsiste encore une poignée de joueurs de gumbri à Tunis, il est aujourd’hui l’unique représentant de ce savoir à la fois musical, culturel et spirituel.

Salah el-Ouergli est né en face de Dar Barnou, dernière «maison communautaire» de Tunis qui accueillait autrefois les anciens esclaves et les migrants originaires d’Afrique Noire. Cette proximité, et la curiosité qu’exerce sur le jeune enfant le va-et-vient de personnages à la fois inquiétants et fascinants, le pousseront à franchir le seuil de cette maison et à entrer dans le monde du stambeli.

Il est tout d’abord simple spectateur, puis acteur dans le secret de sa chambre où il tente inlassablement de reproduire sur un petit gumbri de sa fabrication les séquences mélodiques entendues auparavant à Dar Barnou. Les paroles, ils les apprendra plus tard lorsque Abdel Majid Mihoub le prendra en apprentissage.

Feuilletez le livret

Ce qu’ils en pensent

« Ce disque est remarquable à plusieurs titres. Il faut saluer le travail de Matthieu Hagene, qui prend le risque de produire de tels enregistrements réalisés en 2008. {...} Il suffit d’un disque de cette importance, alliant livret avec textes indispensables et bonnes photos à un enregistrement de qualité, pour contredire ceux qui prétendent que le disque est mort. Celui-ci contribue à faire vivre et découvrir une tradition. Il est donc essentiel.»

Étienne Bours (Trad’Magazine)

« L'écoute de ce disque n'apporte pas la preuve des pouvoirs de guérison du stambeli, mais les effets secondaires [tremblements, vertige, hallucinations) sont garantis. »

Jacques Deschamps (Les Inrockuptibles)

« Un passionnant document, qui bénéficie d'un livret richement iconographié. Essentiel. »

Jacques Denis (Mondomix)

« Tant pour les férus d'archives ethnomusicologiques et d'études anthropologiques que pour les accrocs aux musiques de transe « bio », cette première et brillante réalisation discographique de PLC (Par les chemins Productions), est à la fois un document primordial et un instant musical rare et prenant. »

Stéphane Fougère (Ethnotempos)

Musiq’3 / RTBF

Emission “Terre de Sons”

« Félicitons-nous de cet opus qui, ne serait-ce parce qu’il présente une musique méconnue, exécutée avec brio et, d’après les auteurs, en voie de disparition, mérite tout notre intérêt et notre gratitude »

Jean Pouchelon (Cahiers d’Ethnomusicologie, 25/2012)